Libre circulation des hommes et des idées
Le 29 juillet 2008
Au début cette libre circulation fut affirmée lors de la conférence d’Helsinki. En fait elle fut surtout utilisée pour montrer ce qu’il y avait d’inhumain à l’Est. Principe argument brandi à tout bout de champs afin de mettre en lumière le manque de liberté de l’autre côté.
Et puis le monde des démocraties populaires s’effondre sur lui-même et on voit vite jusqu’où pouvait aller les principes si fort défendus. L’argent (et ses serviteurs) circulent eux librement. Déjà les idées ont vite disparu du discours, parce que pour ce qui est des faits, il y a longtemps que l’on ne s’en soucie guère. Et puis la libre circulation des hommes s’est réduite à la portion congrue pour qui n’est pas nanti et originaire d’un pays occidental. Peu de temps après nos amis étatsuniens, notre belle Europe y va de ses barbelés.
Lire la suiteUn banc pour les bannis

Le 21 juillet 2008
Un banc pour les bannis. Pau comme le symptôme du pourrissement d’une société. Certaines villes les éloignent avec des clochardifuges à l’odeur nauséabonde. À Pau (et ailleurs) on leur rend la vie impossible. Pour les empêcher de dormir on transforme les bancs en casiers à assis. Ça manque vraiment de courage. Allons, que diantre, ayez le courage d’aller au bout de vos pensées : Inventez le clochardicide.
Tous égaux en droit
Le 10 février 2009
Pau, Palais de justice. 9 février 2009
Fouille, portique, comme si on consentait juste à vous laisser assister à la justice que l’on rend en notre nom. On est toléré, mais une fois débarrassé du tournevis du fond du sac et de la lampe de poche qui aurait pu se prendre pour une chaussure anti-Bush. On ressent bien que l’on est là parce que dans sa grande mansuétude, l’administration et le pouvoir le veut bien.
Ignominie
Un article reçu de RESF
Le 2 février 2009
Sans papiers: quand une enfant de 5 ans refuse de signer un procès-verbal.
Récit d’un dimanche de janvier au Tribunal de grande instance de Bobigny, cadre champêtre s’il en est, déglingué, glauque et sale.
Ayant vu à la télé que le RESF avait fait libérer Wɪʟʟɪᴀɴᴀ (12 ans) de la zone d’attente d’Oʀʟʏ trois jours auparavant, la tante de Dᴊᴇssʏ nous prévient par téléphone le jeudi 22 janvier que sa nièce a été arrêtée à sa descente d’avion pour une affaire de passeport bricolé. La mère de l’enfant et une amie sont en garde à vue. On apprend ensuite qu’une seconde fillette est enfermée.
Dᴊᴇssʏ a 12 ans, Gᴜᴅᴇʟᴄɪᴀ 5 ans. Vous avez bien lu. Sous Sᴀʀᴋᴏᴢʏ et avec Rᴀᴍᴀ Yᴀᴅᴇ aux Droits de l’Homme, on met sous écrou des enfants de 5 et 12 ans. Elles ne se connaissaient pas. Le hasard de leurs courtes vies chaotiques et compliquées a fait qu’elles se sont retrouvées ce 22 janvier sur un même vol en provenance de Cotonou avec de faux passeports, ville à partir de laquelle des parents ou des amis les avaient mis dans l’avion.